TINY-SCOT trottinait gentiment le long du chemin, appréciant la nature avec délectation. Elle tournait son petit visage à droite, puis à gauche, humait la senteur mouillée de la terre, tendait ses petites antennes vers le chant si prenant des bourdons.
Elle était très heureuse, Tiny-Scot d’être une petite limace écossaise et se trouvait d’ailleurs fort jolie.
Elle aimait son corps mince et souple, argenté à souhait, avec des reflets de moire scintillante dès que les rayons du soleil l’enveloppaient et la réchauffaient.
Très coquette, Tiny-Scot portait souvent un petit kilt rouge avec un haut assorti. Tantôt un chemisier ample avec gilet, selon la coutume écossaise, tantôt un tee-shirt ou un pull-over bien doux.
Mais, tout à fait entre nous, ce qu’elle préférait, c’était ses longs cheveux cuivrés, tout bouclés, qui la paraient d’un délicieux goût de printemps et de renouveau, et flattaient ses beaux yeux vert émeraude. Elle entourait ses antennes de rubans multicolores ou de tresses de fleurs, afin de mieux les camoufler dans la cascade de ses boucles, car elles étaient l’un de ses innombrables secrets.
Enfin, ses tâches de rousseur, nombreuses et joyeuses, lui donnaient un air sophistiqué qui la rendait ravissante.
Tiny-Scot était bénie des Dieux de la Nature. Déjà, à sa naissance, par un matin de mars baigné de bruine et de brouillard, la célèbre Fée-limace «Limiette» était apparue, annonçant un destin particulier pour «Bébé Tiny". Puis, un petit ange des campagnes «Limielis», s’était vu attribuer la mission de la protéger et l’accompagner partout où elle irait.
C’est ainsi qu’au cours des années, Tiny-Scot devint une petite limace globe-trotter et parcourut l’Ecosse, son beau pays, en long et en large. Elle observait les humains vivre et réalisait combien ils étaient attardés. Quand ils étaient mécontents, par exemple, au lieu de discuter et de trouver un compromis, ils prenaient les armes et partaient faire la guerre, pour, après maintes souffrances et destructions, céder à la discussion ! Pourquoi alors, ne pas commencer par là ?
Tiny-Scot était perplexe. Elle réfléchissait beaucoup et lisait tous les livres qui lui tombaient sous les antennes. Elle avait même vécu un long moment, en cachette naturellement, dans la bibliothèque d’un chef de clan écossais et gobé toute l’histoire d’une partie de l’Humanité. Ce n’était pas beau à voir.
Un jour qu’elle discutait de tout cela avec Limiélis, son petit ange gardien, une révélation lui fut faite. Elle n’était pas n’importe quelle petite limace ! Non ! Elle avait une mission à remplir, elle, la petite limace écossaise ! Voilà pourquoi elle ne mourrait pas, pourquoi contrairement aux êtres de sa race, elle vivait depuis si longtemps ! C’est qu’elle était précieuse, elle était… MA-GI-QUE !
Oh, je sais bien, toi, petite lectrice, toi, petit lecteur, tu penses sans doute que Tiny-Scot est vilaine et molle et gluante, et que lorsqu’elle se déplace, elle dépose derrière elle des traînées de bave ! Eh bien non, pas la petite limace magique !
Quand elle trotte le long des sentiers, debout sur ses pattes arrières, elle sème des paillettes dorées, comme autant de minuscules soleils, qui, en pénétrant la terre, la fécondent de milliers de boutons d’or !
Alors, petit compagnon, la prochaine fois que tu te promèneras dans la campagne, et que tu apercevras ça et là des boutons d’or, tout pimpants et heureux de vivre, sache qu’ils sont les bébés, les enfants, les miracles de Tiny-Scot !
Elle a aussi la chance de voyager beaucoup plus vite que ses consoeurs, tout en gardant la forme. Tu sais, tous les jours, Tiny-Scot pratique le fitness, cette gymnastique très tonique qui garde son petit corps fin et musclé. Et de temps en temps, elle utilise même de petites haltères ! Elle adore aussi danser et faire du vélo. Elle possède d’ailleurs un très joli VTT rose et bleu.
Pour mieux comprendre qui est la petite limace magique, je te propose de te raconter l'une de ses aventures, juste pour faire connaissance, tu veux bien ?
Bon. Mais il faut être bien sage et écouter avec attention.
Sache tout d’abord, que Tiny-Scot veut dire « Minuscule Ecossaise » ou encore « Tout Petit Etre Ecossais ». Mais tu constateras qu’il ne faut jamais se fier aux apparences !
Un jour que Tiny-Scot parvenait au château de Stonehaven, près d’Aberdeen en Ecosse, après un long long trajet, elle entendit une dispute éclater entre deux jeunes garçons. A première vue, ils étaient bien vilains ces deux-là et se menaçaient de bien des maux. Ils semblaient jaloux l’un de l’autre et toujours en compétition au collège. Bien sûr, désirer être un bon élève est une bonne chose. L’émulation aussi. Mais le désirer trop fort, au point de devenir méchant et accomplir des actions terribles pour y parvenir, cela est évidemment très mal.
La petite limace magique comprit que l’un des deux garçons, était très gentil. Il se prénommait Michaël. Il aurait besoin de son aide et Tiny-Scot lui porterait secours car Michaël refusait de sombrer dans la malveillance. Il essayait de comprendre et de toujours pardonner.
L’autre était vraiment très méchant et aimait faire souffrir les animaux. Celui-là méritait une bonne leçon. Il s’appelait Badiel. Il avait de petits yeux rusés et une bouche si fine qu’elle disparaissait entre ses dents. Il serrait tout le temps les poings, comme s’il avait envie de frapper tout le monde. Et dès qu’il voyait un petit animal, un oiseau, un chien, un chat ou même une limace, il lui jetait des pierres, lui écrasait les pattes ou lui tirait les oreilles. Tu vois un peu s’il était vilain !
Michaël, lui, avait un petit visage rond et rieur. Ses cheveux châtains étaient rebelles et formaient des épis anarchiques sur sa tête. A le voir, on pensait toujours qu’il sortait tout juste du lit !
Tout au contraire de Badiel, Michaël adorait les animaux, et il passait son temps dans la forêt à jouer avec son petit chien Ouafou, et aussi à écouter le chant des oiseaux.
Depuis plusieurs semaines maintenant, Michaël était le premier de sa classe. Il était intelligent, bien sûr, mais surtout, il faisait bien tous ses devoirs le soir, et même d’autres en plus, afin de bien progresser. Ses parents étaient fiers de lui et le couvraient de bisous. C’était bien mérité.
Badiel lui, était paresseux. Et s’il parvenait parfois à se hisser au sommet de la classe, c’est qu’il avait triché et copié sur ses petits copains d’école. Pouah !
Badiel avait horreur des bisous, repoussait toujours les câlins de ses parents - qui pourtant l’aimaient beaucoup - et leur mentait tout le temps.
Quand il se rendit compte que, malgré toutes ses manigances, Michaël demeurait le premier de sa classe, il fut plein de colère et décida de se venger. Il le suivit dans la forêt, le frappa et s’attaqua ensuite à son petit chien Ouafou, qui, encore bébé, ignorait comment se défendre. Il en profita pour taper sans risque le pauvre toutou avec une grosse branche d’arbre. Ouafou couina de douleur. Michaël tenta de défendre son petit copain animal, mais Badiel lui décocha encore des coups de pied et des coups de branche.
Alors, Tiny-Scot, qui n’avait rien raté de la scène, choisit d’intervenir et d’utiliser ses pouvoirs magiques.
Tout d’abord, elle secoua ses antennes qui projetèrent des feux nourris d’étincelles sur Badiel et le piquèrent partout. Il se mit à crier et à sautiller sur place.
Mais cela ne suffit pas. Non, car Badiel, très orgueilleux, refusa de s’avouer vaincu. Il repéra la petite limace magique et fondit sur elle pour l’écraser. Alors, Tiny-Scot se mit à grossir, à grossir, à grossir et se transforma soudain en un gros dragon, aussi gros qu’un dinosaure !
Un dragon de lumière, dont tout le corps était animé d’un arc-en-ciel vivant, qui pulsait et éclairait ses deux yeux faits d’émeraude. Des yeux qui percevaient au-delà des apparences, lisaient dans le cœur et l’âme des enfants comme des adultes.
Ses pattes, énormes, étaient «rouge pompier» et tapaient sur le sol en cadence.
Boum, boum, boum.
Sa queue, rouge aussi, était très longue avec à son bout, un autre œil qui voyait tout, devinait tout. Parfois devant la bêtise ou l’inconscience de certains humains, l’œil pleurait. Et répandait sur le sol des larmes magiques qui se transformaient en coccinelles rigolotes, rouges et bleues, jaunes et vertes, ou encore en petits lutins farceurs aux multiples dons merveilleux.
Mais, pour l’instant, Badiel se trouvait en mauvaise posture. Terrorisé par la mue subite de la petite limace magique en dragon, il comprit que cela allait barder pour lui. Il lâcha bien vite la branche avec laquelle il avait battu Michaël et Ouafou.
Au cœur même de la forêt, le dragon lumière au corps multicolore, tonna d’une voix très grave, comme sortie d’une tempête ou d’un autre monde :
- Badiel, je lis en toi. Pourquoi es-tu si méchant ? Pourquoi détruis-tu la nature et les animaux ? Pourquoi frappes-tu tout le monde et notamment Michaël et Ouafou ? Tes parents t’aiment et tu as tout ce qu’un petit garçon peut souhaiter. Alors ? Pourquoi ? gronda le dragon en cognant la terre de ses grosses pattes.
Boum, boum, boum.
Boum, boum, boum, les coups de pattes résonnaient comme des tambours. Et le sol vibrait, vibrait. Et les arbres et les fleurs et les oiseaux et les écureuils et tous les insectes se tenaient cois, immobiles, attentifs à ce qui allait se produire. L’heure de la justice avait sonné, car on ne fait jamais le mal, sans un jour, être puni pour cela. Tôt ou tard.
- Je… sais… pas… bafouilla Badiel, tout penaud.
- Tu dois réparer, immédiatement, martela le dragon. Effacer tous ces méchants actes par des actions bonnes et réfléchies. Et naturellement, demander pardon à tous, aux Esprits de la Nature, à tes petits copains, Michaël et Ouafou, et à tous les petits animaux que tu as blessés ou tués. Car depuis le Paradis des Animaux, ils t’entendront.
- Pa… pa… pa… don… sanglota Badiel, tremblant de tous ses membres.
Le dragon ouvrit grand sa gueule. Des centaines de minuscules billes or et argent en sortirent par flots, et pénétrèrent la tête et la poitrine de Badiel. Il poussa un cri. Les petites perles se répandirent en lui, et y déposèrent de la chaleur et de la paix.
- Fais donc la différence, ordonna le dragon, entre les émotions du Mal et celle du Bien. Tu sens la chaleur de l’Amour en toi, et de l’Amitié ?
- Oui, oui, ça… b…ûle… bafouilla encore Badiel.
- Oui, car cela efface en toi la méchanceté. Patiente un peu. Pour autant, cela ne suffira pas.
Aussi, VOICI MA SENTENCE :
Tu devras aider bé-né-vo-le-ment deux jours par mois les petits animaux abandonnés à la SPA. Tu entends ?
- Oui, oui, bredouilla Badiel, tout affolé.
- Et aider deux autres jours par mois, toujours bénévolement, à soigner la Nature. Nettoyer la forêt des vieilles branches, ramasser les ordures que des gens mal élevés et inconscients jettent dans les bois, et ainsi de suite. Tu m’entends ?
- Oui, oui, je… oui.
- Voici ma sentence, répéta le Dragon. Et PRENDS GARDE A TOI, menaça-t-il en levant une de ses grosses pattes rouges en l’air, si jamais, tu faillis à ta tâche, JE REVIENDRAIS TE CHERCHER, JE T’EMPORTERAIS DANS MA GROTTE, SOUS LA TERRE, ET JE TE TRANSFORMERAIS EN LIMACE, afin que tu saches ce que c’est que d’être vulnérable et sans défense.
- Non, non, je… oui… aider… oui… par…don…
- Et tu seras gentil avec tes parents.
- Oui.
- Et tu ne mentiras plus.
- Non.
- Attention !
- Non, non, je serai gentil.
LA SANTE T’HABITERAS, LA JOIE ACCOMPAGNERA TES PAS, ET UN JOUR VIENDRA OU TU RENCONTRERAS L’AMOUR.
- Merci, Merci, beau Dragon, dit Michaël en croisant ses mains sur son cœur. Et Ouafou ?
- Ne t’inquiète pas pour Ouafou. Il vivra à tes côtés, bien vieux et très heureux.
Ouafou aboya de gratitude en frétillant sa petite queue.
Le dragon peu à peu, redevint Tiny-Scot, la petite limace magique.
Dressée sur ses jambes, Tiny-Scot ajusta son petit kilt rouge et tapota ses boucles rousses. Elle tapa dans ses mains et scanda d’une voix chantante : «Tourbillou, musicou, scotichou».
Une petite cornemuse magique, aussi minuscule qu’elle, apparut comme par enchantement.
Michaël applaudit à tout rompre. Ouafou jappa de contentement. Badiel, médusé, la bouche ouverte, encore tout suant et brûlant, contemplait la scène, les yeux écarquillés.
Tiny-Scot se mit à jouer une musique écossaise de sa composition, entraînante et guillerette, tout en dansant. Tandis qu’elle sautait d’un pied sur l’autre, les notes de musique se matérialisaient et pansaient les plaies. Les bleus et les blessures de Michaël et Ouafou disparurent. Les fleurs écrasées, les insectes blessés furent ressuscités en un instant. Tous les arbres présents tapèrent des branches en cadence pour remercier Tiny-Scot de son aide. Les petits insectes, contents et reconnaissants, formèrent des farandoles d’allégresse. Et les fleurs chantèrent à tue-tête.
Devant ce débordement de réjouissances, Badiel comprit que la Joie était bien plus agréable que l’emportement. Et l’Amitié bien plus nourrissante et constructive que la haine et la colère.
Il tomba en larmes dans les bras de Michaël qui lui pardonna de bon cœur. Et Ouafou gambada autour d’eux en aboyant de bonheur.
Voilà, petite lectrice, petit lecteur, une fois encore, Tiny-Scot avait réussi sa mission : semer partout où elle passait Joie et Paix.
Elle était très heureuse, Tiny-Scot d’être une petite limace écossaise et se trouvait d’ailleurs fort jolie.
Elle aimait son corps mince et souple, argenté à souhait, avec des reflets de moire scintillante dès que les rayons du soleil l’enveloppaient et la réchauffaient.
Très coquette, Tiny-Scot portait souvent un petit kilt rouge avec un haut assorti. Tantôt un chemisier ample avec gilet, selon la coutume écossaise, tantôt un tee-shirt ou un pull-over bien doux.
Mais, tout à fait entre nous, ce qu’elle préférait, c’était ses longs cheveux cuivrés, tout bouclés, qui la paraient d’un délicieux goût de printemps et de renouveau, et flattaient ses beaux yeux vert émeraude. Elle entourait ses antennes de rubans multicolores ou de tresses de fleurs, afin de mieux les camoufler dans la cascade de ses boucles, car elles étaient l’un de ses innombrables secrets.
Enfin, ses tâches de rousseur, nombreuses et joyeuses, lui donnaient un air sophistiqué qui la rendait ravissante.
Tiny-Scot était bénie des Dieux de la Nature. Déjà, à sa naissance, par un matin de mars baigné de bruine et de brouillard, la célèbre Fée-limace «Limiette» était apparue, annonçant un destin particulier pour «Bébé Tiny". Puis, un petit ange des campagnes «Limielis», s’était vu attribuer la mission de la protéger et l’accompagner partout où elle irait.
C’est ainsi qu’au cours des années, Tiny-Scot devint une petite limace globe-trotter et parcourut l’Ecosse, son beau pays, en long et en large. Elle observait les humains vivre et réalisait combien ils étaient attardés. Quand ils étaient mécontents, par exemple, au lieu de discuter et de trouver un compromis, ils prenaient les armes et partaient faire la guerre, pour, après maintes souffrances et destructions, céder à la discussion ! Pourquoi alors, ne pas commencer par là ?
Tiny-Scot était perplexe. Elle réfléchissait beaucoup et lisait tous les livres qui lui tombaient sous les antennes. Elle avait même vécu un long moment, en cachette naturellement, dans la bibliothèque d’un chef de clan écossais et gobé toute l’histoire d’une partie de l’Humanité. Ce n’était pas beau à voir.
Un jour qu’elle discutait de tout cela avec Limiélis, son petit ange gardien, une révélation lui fut faite. Elle n’était pas n’importe quelle petite limace ! Non ! Elle avait une mission à remplir, elle, la petite limace écossaise ! Voilà pourquoi elle ne mourrait pas, pourquoi contrairement aux êtres de sa race, elle vivait depuis si longtemps ! C’est qu’elle était précieuse, elle était… MA-GI-QUE !
Oh, je sais bien, toi, petite lectrice, toi, petit lecteur, tu penses sans doute que Tiny-Scot est vilaine et molle et gluante, et que lorsqu’elle se déplace, elle dépose derrière elle des traînées de bave ! Eh bien non, pas la petite limace magique !
Quand elle trotte le long des sentiers, debout sur ses pattes arrières, elle sème des paillettes dorées, comme autant de minuscules soleils, qui, en pénétrant la terre, la fécondent de milliers de boutons d’or !
Alors, petit compagnon, la prochaine fois que tu te promèneras dans la campagne, et que tu apercevras ça et là des boutons d’or, tout pimpants et heureux de vivre, sache qu’ils sont les bébés, les enfants, les miracles de Tiny-Scot !
Elle a aussi la chance de voyager beaucoup plus vite que ses consoeurs, tout en gardant la forme. Tu sais, tous les jours, Tiny-Scot pratique le fitness, cette gymnastique très tonique qui garde son petit corps fin et musclé. Et de temps en temps, elle utilise même de petites haltères ! Elle adore aussi danser et faire du vélo. Elle possède d’ailleurs un très joli VTT rose et bleu.
Pour mieux comprendre qui est la petite limace magique, je te propose de te raconter l'une de ses aventures, juste pour faire connaissance, tu veux bien ?
Bon. Mais il faut être bien sage et écouter avec attention.
Sache tout d’abord, que Tiny-Scot veut dire « Minuscule Ecossaise » ou encore « Tout Petit Etre Ecossais ». Mais tu constateras qu’il ne faut jamais se fier aux apparences !
Un jour que Tiny-Scot parvenait au château de Stonehaven, près d’Aberdeen en Ecosse, après un long long trajet, elle entendit une dispute éclater entre deux jeunes garçons. A première vue, ils étaient bien vilains ces deux-là et se menaçaient de bien des maux. Ils semblaient jaloux l’un de l’autre et toujours en compétition au collège. Bien sûr, désirer être un bon élève est une bonne chose. L’émulation aussi. Mais le désirer trop fort, au point de devenir méchant et accomplir des actions terribles pour y parvenir, cela est évidemment très mal.
La petite limace magique comprit que l’un des deux garçons, était très gentil. Il se prénommait Michaël. Il aurait besoin de son aide et Tiny-Scot lui porterait secours car Michaël refusait de sombrer dans la malveillance. Il essayait de comprendre et de toujours pardonner.
L’autre était vraiment très méchant et aimait faire souffrir les animaux. Celui-là méritait une bonne leçon. Il s’appelait Badiel. Il avait de petits yeux rusés et une bouche si fine qu’elle disparaissait entre ses dents. Il serrait tout le temps les poings, comme s’il avait envie de frapper tout le monde. Et dès qu’il voyait un petit animal, un oiseau, un chien, un chat ou même une limace, il lui jetait des pierres, lui écrasait les pattes ou lui tirait les oreilles. Tu vois un peu s’il était vilain !
Michaël, lui, avait un petit visage rond et rieur. Ses cheveux châtains étaient rebelles et formaient des épis anarchiques sur sa tête. A le voir, on pensait toujours qu’il sortait tout juste du lit !
Tout au contraire de Badiel, Michaël adorait les animaux, et il passait son temps dans la forêt à jouer avec son petit chien Ouafou, et aussi à écouter le chant des oiseaux.
Depuis plusieurs semaines maintenant, Michaël était le premier de sa classe. Il était intelligent, bien sûr, mais surtout, il faisait bien tous ses devoirs le soir, et même d’autres en plus, afin de bien progresser. Ses parents étaient fiers de lui et le couvraient de bisous. C’était bien mérité.
Badiel lui, était paresseux. Et s’il parvenait parfois à se hisser au sommet de la classe, c’est qu’il avait triché et copié sur ses petits copains d’école. Pouah !
Badiel avait horreur des bisous, repoussait toujours les câlins de ses parents - qui pourtant l’aimaient beaucoup - et leur mentait tout le temps.
Quand il se rendit compte que, malgré toutes ses manigances, Michaël demeurait le premier de sa classe, il fut plein de colère et décida de se venger. Il le suivit dans la forêt, le frappa et s’attaqua ensuite à son petit chien Ouafou, qui, encore bébé, ignorait comment se défendre. Il en profita pour taper sans risque le pauvre toutou avec une grosse branche d’arbre. Ouafou couina de douleur. Michaël tenta de défendre son petit copain animal, mais Badiel lui décocha encore des coups de pied et des coups de branche.
Alors, Tiny-Scot, qui n’avait rien raté de la scène, choisit d’intervenir et d’utiliser ses pouvoirs magiques.
Tout d’abord, elle secoua ses antennes qui projetèrent des feux nourris d’étincelles sur Badiel et le piquèrent partout. Il se mit à crier et à sautiller sur place.
Mais cela ne suffit pas. Non, car Badiel, très orgueilleux, refusa de s’avouer vaincu. Il repéra la petite limace magique et fondit sur elle pour l’écraser. Alors, Tiny-Scot se mit à grossir, à grossir, à grossir et se transforma soudain en un gros dragon, aussi gros qu’un dinosaure !
Un dragon de lumière, dont tout le corps était animé d’un arc-en-ciel vivant, qui pulsait et éclairait ses deux yeux faits d’émeraude. Des yeux qui percevaient au-delà des apparences, lisaient dans le cœur et l’âme des enfants comme des adultes.
Ses pattes, énormes, étaient «rouge pompier» et tapaient sur le sol en cadence.
Boum, boum, boum.
Sa queue, rouge aussi, était très longue avec à son bout, un autre œil qui voyait tout, devinait tout. Parfois devant la bêtise ou l’inconscience de certains humains, l’œil pleurait. Et répandait sur le sol des larmes magiques qui se transformaient en coccinelles rigolotes, rouges et bleues, jaunes et vertes, ou encore en petits lutins farceurs aux multiples dons merveilleux.
Mais, pour l’instant, Badiel se trouvait en mauvaise posture. Terrorisé par la mue subite de la petite limace magique en dragon, il comprit que cela allait barder pour lui. Il lâcha bien vite la branche avec laquelle il avait battu Michaël et Ouafou.
Au cœur même de la forêt, le dragon lumière au corps multicolore, tonna d’une voix très grave, comme sortie d’une tempête ou d’un autre monde :
- Badiel, je lis en toi. Pourquoi es-tu si méchant ? Pourquoi détruis-tu la nature et les animaux ? Pourquoi frappes-tu tout le monde et notamment Michaël et Ouafou ? Tes parents t’aiment et tu as tout ce qu’un petit garçon peut souhaiter. Alors ? Pourquoi ? gronda le dragon en cognant la terre de ses grosses pattes.
Boum, boum, boum.
Boum, boum, boum, les coups de pattes résonnaient comme des tambours. Et le sol vibrait, vibrait. Et les arbres et les fleurs et les oiseaux et les écureuils et tous les insectes se tenaient cois, immobiles, attentifs à ce qui allait se produire. L’heure de la justice avait sonné, car on ne fait jamais le mal, sans un jour, être puni pour cela. Tôt ou tard.
- Je… sais… pas… bafouilla Badiel, tout penaud.
- Tu dois réparer, immédiatement, martela le dragon. Effacer tous ces méchants actes par des actions bonnes et réfléchies. Et naturellement, demander pardon à tous, aux Esprits de la Nature, à tes petits copains, Michaël et Ouafou, et à tous les petits animaux que tu as blessés ou tués. Car depuis le Paradis des Animaux, ils t’entendront.
- Pa… pa… pa… don… sanglota Badiel, tremblant de tous ses membres.
Le dragon ouvrit grand sa gueule. Des centaines de minuscules billes or et argent en sortirent par flots, et pénétrèrent la tête et la poitrine de Badiel. Il poussa un cri. Les petites perles se répandirent en lui, et y déposèrent de la chaleur et de la paix.
- Fais donc la différence, ordonna le dragon, entre les émotions du Mal et celle du Bien. Tu sens la chaleur de l’Amour en toi, et de l’Amitié ?
- Oui, oui, ça… b…ûle… bafouilla encore Badiel.
- Oui, car cela efface en toi la méchanceté. Patiente un peu. Pour autant, cela ne suffira pas.
Aussi, VOICI MA SENTENCE :
Tu devras aider bé-né-vo-le-ment deux jours par mois les petits animaux abandonnés à la SPA. Tu entends ?
- Oui, oui, bredouilla Badiel, tout affolé.
- Et aider deux autres jours par mois, toujours bénévolement, à soigner la Nature. Nettoyer la forêt des vieilles branches, ramasser les ordures que des gens mal élevés et inconscients jettent dans les bois, et ainsi de suite. Tu m’entends ?
- Oui, oui, je… oui.
- Voici ma sentence, répéta le Dragon. Et PRENDS GARDE A TOI, menaça-t-il en levant une de ses grosses pattes rouges en l’air, si jamais, tu faillis à ta tâche, JE REVIENDRAIS TE CHERCHER, JE T’EMPORTERAIS DANS MA GROTTE, SOUS LA TERRE, ET JE TE TRANSFORMERAIS EN LIMACE, afin que tu saches ce que c’est que d’être vulnérable et sans défense.
- Non, non, je… oui… aider… oui… par…don…
- Et tu seras gentil avec tes parents.
- Oui.
- Et tu ne mentiras plus.
- Non.
- Attention !
- Non, non, je serai gentil.
Les petites billes or et argent poursuivaient assidûment leur travail. Et Badiel sentait toujours la chaleur crépiter en lui. Le Feu ne le blessait pas, bien sûr, mais agissait fortement sur ses mauvaises pensées qui disparaissaient, consumées, réduites en cendres.
- Quant à toi, Michaël, poursuivit le Dragon d’une voix tendre, mais en tapant toujours en cadence sur le sol, (boum, boum, boum) tu seras récompensé pour tes bonnes actions, ton amour pour la nature et les animaux, et ta bonne volonté.LA SANTE T’HABITERAS, LA JOIE ACCOMPAGNERA TES PAS, ET UN JOUR VIENDRA OU TU RENCONTRERAS L’AMOUR.
- Merci, Merci, beau Dragon, dit Michaël en croisant ses mains sur son cœur. Et Ouafou ?
- Ne t’inquiète pas pour Ouafou. Il vivra à tes côtés, bien vieux et très heureux.
Ouafou aboya de gratitude en frétillant sa petite queue.
Le dragon peu à peu, redevint Tiny-Scot, la petite limace magique.
Dressée sur ses jambes, Tiny-Scot ajusta son petit kilt rouge et tapota ses boucles rousses. Elle tapa dans ses mains et scanda d’une voix chantante : «Tourbillou, musicou, scotichou».
Une petite cornemuse magique, aussi minuscule qu’elle, apparut comme par enchantement.
Michaël applaudit à tout rompre. Ouafou jappa de contentement. Badiel, médusé, la bouche ouverte, encore tout suant et brûlant, contemplait la scène, les yeux écarquillés.
Tiny-Scot se mit à jouer une musique écossaise de sa composition, entraînante et guillerette, tout en dansant. Tandis qu’elle sautait d’un pied sur l’autre, les notes de musique se matérialisaient et pansaient les plaies. Les bleus et les blessures de Michaël et Ouafou disparurent. Les fleurs écrasées, les insectes blessés furent ressuscités en un instant. Tous les arbres présents tapèrent des branches en cadence pour remercier Tiny-Scot de son aide. Les petits insectes, contents et reconnaissants, formèrent des farandoles d’allégresse. Et les fleurs chantèrent à tue-tête.
Devant ce débordement de réjouissances, Badiel comprit que la Joie était bien plus agréable que l’emportement. Et l’Amitié bien plus nourrissante et constructive que la haine et la colère.
Il tomba en larmes dans les bras de Michaël qui lui pardonna de bon cœur. Et Ouafou gambada autour d’eux en aboyant de bonheur.
Voilà, petite lectrice, petit lecteur, une fois encore, Tiny-Scot avait réussi sa mission : semer partout où elle passait Joie et Paix.